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L’Homme, créature de conscience, espèce conquérante et insatiable, prêt à tout pour assouvir ses désirs les plus cruels, au nom de notions abstraites qu’il croit maîtriser : le bon, le bien, le juste ; quand il ne s’agit pas d’argent, de pouvoir et d’admiration. Mais si l’Homme est une créature que l’on peut juger, il représente les pions sur l’échiquier de l’équilibre. Par le noir et le blanc qu’il peint dans ses gestes et ses mots, il permet à la nuance de gris d’exister, et d’ainsi de faire perdurer la balance universelle. Mais l’Homme à lui seul ne parviendrait pas à maintenir cet équilibre, car s’il lui obéit, c’est inconsciemment. Alors il nécessite la présence de guides que l’univers lui aura apporté assez tôt dans son existence, quand il devint une créature de conscience et d’intelligence, capable d’influencer le cours des choses et la stabilité de l’univers. Les Animas, espèces indispensables au bon fonctionnement de ce monde qu’est le nôtre, sont nos guides à travers le temps. Ils nous apprennent le noir et le blanc que nous devons ensuite jauger à la bonne convenance, pour réussir à garder l’équilibre intact. Au travers les légendes indiennes, les Animas sont dépeints comme des animaux totems, des guides qui apparaissent à l’Homme pour l’aider dans son chemin de vie. Mais si les légendes ne se trompent pas sur leur existence, elles s’éloignent cependant de la réalité quand elles les imaginent comme des êtres chimériques et spirituels qui choisissent nombreuses personnes à guider. En réalité, un Anima est une créature physique et concrète qui ne choisit qu’un seul humain, qu’on appellera Élu, parmi une masse grouillante de potentiels qui se sentent étroitement liés à lui. Il existe un Anima par espèce animale, et il représente à lui seul l’entièreté de ses déclinaisons. Chaque Anima transfère à son Élu un certain nombre de capacités, couramment trois, qui lui permettront de saisir davantage la parole de l’univers. Et c’est ainsi, par le biais de ces créatures de l’univers, que l’Homme a la chance de participer activement à la stabilité des mondes.
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  • 07 novembre 2018NOUVEAU DESIGN - L'hiver arrive sur Instincts !
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  • 15 août 2018Ouverture de la partie jeu.
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(ready to fly) ft Cameron D. Young

Joel N. Knight
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Joel N. Knight
Affranchi
Ven 2 Nov - 16:07
I saw you standing there and I knew
I'm done for, it's over, I'm through
Playing games from the start
Sinking your nails in my heart
Le loup et la pleine lune étaient sans aucun doute un duo indissociable, tel des inséparables qui ne survivraient pas l'un sans l'autre. Le loup piétinait les feuilles mortes de ses pattes lourdes, il traversait les petits chemins naturels, créés par la séparations des arbres qui habitaient cette forêt. Sa démarche alternait entre une certaine lenteur et une certaine hâte. Son pelage brun était peu visible dans l'obscurité des arbres qui masquaient le coucher de soleil et le ciel orange sanguin. Derrière lui, courrait son élu qui semblait bien plus pressé que lui d'atteindre leur destination, la lune allait bientôt se montrer de sa grandeur, illuminant alors le ciel écossais. Il ne voulait pas rater ce spectacle. La fraîcheur de l'automne se faisait sentir sur leurs peaux, le loup protégé par sa fourrure en souffrait moins que l'homme derrière lui qui frémissait recevant l'air frais en plein visage, balancé par la danse des branches au gré du vent. Cette grande bouffée d'air frais lui permettait d'oublier ses angoisses mais ne soignait point les maux.

Et finalement, ils arrivèrent à leur destination finale, une clairière en ras de forêt, planté en haut d'une espèce de colline enfermé par les arbres qui entourait son flanc arrière. Le brun alla s'asseoir dans l'herbe en tailleur allant appuyé ses mains derrières lui, plantant ses paumes dans l'herbe. Son regard se plongea dans le ciel qui sombrait de plus en plus dans la nuit, laissant ainsi les étoiles le transpercer.  Finalement la nuit tomba complètement, la forêt se tut, plus un bruit, plus un mouvement de branche, plus rien. Les yeux bleus de l'élu fixant la lune un moment pour finalement se fermer pendant quelque minutes. Les hématomes qu'il avait encore au visage disparaissaient doucement, le libérant ainsi de la douleur et des souvenirs qu'ils émanaient. Minute par minute, il retrouvait une balance entre le mal être et le bien être, un entre deux qui le tenait assez en équilibre pour qu'il ne chute pas à nouveau. Le lien entre la lune et le loup le soignait mais ça ne soignait malheureusement pas tout. Les deux vieux amis restèrent là une heure pour ensuite repartir dans l'autre sens et ainsi rentrer chez eux.

La nuit passa ensuite tranquillement seulement perturbé par un cauchemar mais qui ne fut pas assez violent pour le réveiller. Ce cauchemar avait toujours le même sujet, toujours la même scène depuis quelques semaines. Il n'avait pas réussi à s'en défaire. Le loup le sentit, alors il s'était introduit dans la chambre et s'était allongé sur les jambes de son élu qui le vit au réveil et alla lui caresser le dessus de la tête avec lenteur. Ses doigts parcouraient doucement ses poiles, allant parfois s'aventurer sur ses oreilles et son grand cou de loup. Finalement il bloqua son front contre celui de son loup, soufflant bruyamment.

Tu n'as pas besoin de lui. Tu as avancé, t'es devenu une meilleure personne. Il te tirera vers le bas, tu le sais mieux que quiconque, Joel. - un dialogue sans un bruit de parole, un dialogue qu'eux seuls comprenaient, l'élu ne répondit guère, se contentant de respirer de manière forte et parfois saccader dans des sanglots retenus au fin fond de son gosier. Quelques minutes s'écoulèrent et il lâcha le loup pour se laisser tomber dans son matelas - Le monstre est à nouveau là. que l'élut finalement lâcha à Fenrir qui fronça ses papilles pour montrer un certain dédain. - Il n'est là que par ce que t'y penses. l'élut grogna doucement. Le monstre qu'il se risquait d'appeler n'était autre que ce qu'il était pour de vrai, cette chose qu'il ne nommera jamais pour ne pas avoir à l'assumer. S'il le nommerai, ce serait admettre qu'elle existe. Il avait réussi à vivre sans, il avait presque réussi à l'oublier au fond du placard mais l'autre l'avait fait ressortir de plein fouet. Ses mots résonnaient encore dans son crâne, dans ce rêve récurrent.

Les deux sortirent du lit ensuite, Joel ne prit pas le temps de manger, avalant seulement ses anti dépresseurs qu'il n'avait jamais arrêté. Fenrir avait beau être ce qui l'avait sauver, ce qui le tenait en vie, il savait aussi que certaine chose n'était pas de son ressort. Il sortit ensuite de la grange pour aller ouvrir l'enclos des quelques moutons qu'il avait pour les faire gambader dans les champs et leur faire manger les mauvaises herbes tandis qu'il s'attelait à  travailler la terre un peu plus loin. Fenrir qui semblait trouver le temps long n'eut pas meilleure idée que de traumatiser les moutons. Mais il ne leur faisait jamais rien, sachant très bien qu'il n'avait pas le droit. Joel n'avait pas vraiment eu besoin de faire la police ou quoi que ce soit, il le respectait bien trop mais c'était aussi le cas pour son anima qui savait que ces moutons n'étaient pas là pour le nourrir. La journée passa assez vite et ils rentrèrent chez eux et un peu fatigué, l'élu s'affala sur son canapé. Le loup lui, semblait encore plein d'énergie et se moquait alors de ce dernier comme pour le narguer. C'est ainsi que démarra une pseudo bagarre bien que le brun fini au sol.

Alors que tout se passait jusque là très bien, ils entendirent la porte d'une voiture claqué. Joel lui se figea quelques secondes alors que Fenrir qui d'habitude se contente de disparaître à l'arrière de la grange se mit à grogner de plus belle vers la porte. Le brun se releva alors et regarda par la fenêtre. L'homme sortit de sa voiture. Cameron. Cela expliquait la soudaine colère de l'anima. Il ne l'avait pas revu depuis sa fuite mais il savait qu'il allait finir par se repointer. Cependant, il ne voulait pas le revoir. Alors il ferma les verrous de la porte et sortit par l'arrière et prit la décision d'aller se réfugier dans la forêt. Si le blond voulait le voir, il pouvait toujours courir le chercher. Bien qu'ici, il était sur le territoire du loup qui avait la forêt dans sa poche. Le félin allait-il réussir à le chasser ?

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Cameron D. Young
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Cameron D. Young
Coach à la Confrérie
Dim 16 Déc - 23:24

Cameron
D. Young

Joel
N. Knight

「 Ready to fly 」
« Des promenades, une maison accueillante et chaleureuse, des léchouilles, des moutons… un vrai clébard d’appartement ! ». Le ton de Lyre semblait plein d’amertume et de reproche. Elle avait été envoyée épier les faits et les gestes de Joël. En bonne représentante de la famille des félins, elle avait déjà utilisé de nombreuses métaphores canines pour le décrire et l’avilir…

Cameron soupira «… de ferme, non ? ». Lyre ne répondit pas. Parlait-elle d'autres choses que de Joël ? Avait-il une vie si ennuyeuse ? Sous sa forme de chaton, Lyre lui tourna le dos pour rejoindre sa gamelle… « C'est le Camembert qui dit au Roquefort qu'il pue ! », pensa Cameron en ramassant un morceau de papier qu'elle avait déchiqueté quelques minutes plus tôt.

Son bureau était encombré de brouillons et d'une énième version de son précieux manuscrit sur les animas de type félin. Un écrit destiné aux élus voulant dompter l'indomptable… le tigre, le chat, le léopard, la panthère, etc. Il se rappela son ancienne compagne, érudite, elle lui avait corrigé un nombre incalculable de fautes d'orthographe. Depuis, personnes n'avaient relu son travail, sauf un jeune homme qu'il avait tenté d'entrainer. Est-ce que Joël pourrait aussi lire son guide et corriger ses écrits ?

« Tu vas aller le dépuceler ou tu attends qu'il neige ? ». Lyre avait toujours le mot pour rire… ou pas ! Cameron n'avait rien contre l'homosexualité… cependant, Il se poser beaucoup de questions : Comment les homosexuels pouvaient se préparer pour faire l'amour ? Devait-il se préparer à l'avance pour accueillir leur compagnon ? Le jeune homme, qui avait lu son travail, l'avais initié à certaines subtilités, mais il ne les maitrisaient pas encore totalement.

Cameron regarda par la fenêtre de son bureau, la salle d'entrainement de la Confrérie. Des nuages menaçants avaient envahi le ciel, en plein hiver, la pluie ne tarderait pas à devenir de la neige. « OK, on y va ! ». Lyre avait déjà ressenti la réponse de son élu et avait sauté par la fenêtre. Hors de question, pour elle, de prendre la voiture ! Elle se rendrait sur place par ses propres moyens en guidant son servit… humain, sur la route. Cameron rassembla un paquet de feuilles, les fourras dans son sac à dos, attrapa un vieux manteau en cuir marron et monta dans son vieux pickup F-150.

« Par derrière ! Moi, Je m’occupe du chien de garde ! ». A peine Cameron était arrivé et descendu de voiture que Lyre s’était précipité en direction la ferme de Joël. Elle était à la recherche d’un molosse, qu’elle avait reniflé il y a déjà plusieurs kilomètres. Il contourna l’habitation et les larges étendus entretenus de la ferme laissèrent la place à une forêt de conifères ensommeillé dans l'humidité de cette fin de journée... « Tu veux jouer à cache-cache dans les bois, princesse ? ».

Une fine pluie se mit à tomber, rendant les odeurs plus difficiles à détecter. Un vent frais parcourait la cime des arbres et caressait la mousse recouvrant les racines. Un odeur de sève chatouilla les narines de Cameron. Il inspira, prit son élan, sourit et s’élança à la poursuite de Joël : La chasse était ouverte !
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Joel N. Knight
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Joel N. Knight
Affranchi
Mar 15 Jan - 22:15

Ready to fly

I saw you standing there and I knew / I'm done for, it's over, i'm through / playing games since the start / sinking your nails in my heart / You bring out the worst in me


 
« Que comptes-tu faire ? Tu ne pourras pas fuir indéfiniment dans cette forêt. »
– « Je sais. J’ai un… plan. »
« Fais les bons choix, Joel. »

Les bons choix. Joel y réfléchissait tout au long de sa course à travers les bois, suivit de près par son loup, qui restait à distance pour rester discret. Que ce soit le prédateur ou l’élu, il connaissait cet endroit comme leur poche. Ils ne se perdaient plus. Ils savaient prendre leur repère. C’était leur territoire. La pluie s’était mise à tomber, allant s’écraser sur les feuilles pour ensuite faire son lent chemin sur le sol. Tout ça donnait un sentiment agréable à cette course poursuite qui l’était bien moins. Il aurait aimé simplement courir par liberté et non pas par la fuite d’un homme qui voulait l’enchaîner. Cameron était le genre de type qui prend quelque chose et déclare que c’est à lui, le problème était qu’il ne s’arrêtait pas à de simples objets. Il décide que vous lui appartenez et aspire tout ce qu’il y a en vous, jusqu’à ce que vous soyez complètement vide et presque formater à le suivre. Joel se souvenait encore très bien de leur première rencontre. Le garçon était comparable à un loup solitaire, égaré et apeuré par l’abandon des siens. Il traînait toujours au fond de la cours d’école, assis les genoux contre le torse à envoyer des pierres au sol par ennui. Le petit blond s’était posté juste devant lui, les bras croisé. Son air déjà bien imposant à l’époque, le brun l’avait regardé presque impressionné par celui-ci. Il lui avait tendu la main. Ce jour-là, il avait cru qu’il était son ami, mais il suffisait de faire un pas dans le futur pour comprendre que finalement, il n’était pas ce qu’il avait cru.

Ses pieds continuaient de piétiner le sol de plus en plus boueux au fur et à mesure que la pluie battait. Puis finalement, il arriva à destination, c’était un lieu particulier. Cet endroit était tout prêt de chez ses parents, c’était le refuge qu’il s’était trouvé quand il était plus jeune. Il y allait pour s’y évader et avoir un semblant de liberté. C’était au ré de la forêt et donnait sur toute la ville. C’était littéralement un cul de sac qui donnait sur une hauteur à donner le vertige au moins courageux pour donner sur le reste de la forêt. Joel adorait se mettre au bord et sentir l’appel du vide, il avait l’impression d’y être léger. Il se posta alors au bord du rocher, regardant la vue imprenable embrumée par la pluie. Un léger soupire sortait de ses lèvres, son loup lui alla à son niveau.  

« Pourquoi j’ai un mauvais pressentiment ? Qu’as-tu prévu ? »  
« J’ai besoin de vérifier quelque chose. Ca ne va pas te plaire, mais tu sauras quoi faire au moment venu. »

La conversation prit ainsi fin dans un lourd grognement de son loup, l’avertissant de la colère à venir. Mais il devait faire ce qu’il avait en tête. Il n’y avait que comme ça qu’il aurait le cœur net sur une question dont la réponse était en suspend depuis bien trop longtemps. Il refusait de la poser ouvertement alors il devait utiliser des méthodes peux habituelles pour avoir ce qu’il voulait. Et dans son cas, il n’avait rien à perdre, du moins c’est ce qu’il pensait mais on savait tous que c’était faux. Ca l’était peut être quatorze ans en arrière, mais plus maintenant.  Il entendit des pas arrivé, alors le loup s’abrita plus loin, mais restait assez près pour veiller sur son élu qu’il connaissait suicidaire et il savait que quelque chose de très grave pourrait se passer.

Quant à Joel, il se mit dos à Cameron dans un premier temps, fixant le vide dans un léger sourire avant de se retourner pour n’afficher qu’un regard bien plus dur.
« Qu’est-ce que tu veux ? » qu’il fit dans un premier temps, soupirant.


« Et je te conseille de me répondre. De toute façon, on est coincé ici, et je te conseille pas de m’approcher, il ne faudrait pas que je recule accidentellement. Te planter un couteau dans la jambe sauvera pas ta conscience cette fois. » rajoutant, souriant faussement. Et si Cameron connaissait si bien Joel, il savait qu’il serait capable de le faire.

« Alors, tu m’expliques ce que tu veux ? Quatorze ans que nous nous sommes pas vu, ça ne te suffit pas pour conclure une fin pourtant évidente ? Que les choses soient clair, tu ne m’as pas sauvé ce jour-là. »
 
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Cameron D. Young
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Cameron D. Young
Coach à la Confrérie
Dim 20 Jan - 15:38

Cameron
D. Young

Joel
N. Knight

「 Ready to fly 」
L'odeur de l'humus, de la sève et de la terre humide emplissaient ses poumons. Il parcourait la forêt depuis plus d'une heure, surprenant les quelques oiseaux qui s'apprêtaient à rejoindre leurs nids. La vie était-elle difficile par ici ? Avaient-ils été traqués par un chasseur ? Cameron ne leur prêtaient aucune attention, il tentait d'identifier la présence de Joël à travers la pluie qui s'était mise à tomber. La vie était pleine de surprise. Comment pouvait-il ignorer cette nature extraordinaire pour courir après un traitre ? Il aurait aimé chasser avec Lyre, en harmonie avec les éléments.

« Il est avec son clebs' ». L'Ombre se glissée entre les racines des arbres, aussi silencieuse qu'à son habitude. Cameron ne faisait plus vraiment attention, il était devenu brouillant pour un Élu de la Panthère. « Voilà ! Une minette te passe sous le nez et tu oublies tous mes enseignements ! ». Il grogna et elle s'arrêta de le taquiner.

Elle n’avait pas tort. Il perdait peu à peu ses moyens, ne parvenant plus à calculer les réactions de sa proie, oubliant d’utiliser ses sens. Qui poursuivait-il déjà ? Un ami qui l’avait abandonné sans raison, comme ses propres parents avaient abandonnés sa famille pour aller lécher les couilles des Lions… « Des pleutres ! Des bons à rien ! Des infidèles ! » Une douleur et une colère sourde s’installèrent au creux de son estomac. Son pied frappa un peu trop fort sur une flaque de boue, elle éclaboussa son pantalon en toile.

La faute était encore plus grave dans le cas de Joël ! Au fil du temps, il était devenu le noyau autour duquel Cameron s'était construit. Il connaissait la valeur qu'il accordait à l'honnêteté et à l'abandon. « Égoïste ! » pensa-t-il en oubliant d'éviter une branche, elle lui frappa la joue et y ouvrit une petite plaie.

Oui, Joël était un égoïste ! Il ne pensait qu'à lui. Il n'avait pas réfléchi aux conséquences de ses actes et, maintenant, il fuyait comme un lapin apeuré sans même penser aux intentions de son poursuivant ou à demander pardon.

« Tu veux des excuses ? ». Lyre avait suivi le cours de son raisonnement.

Non, il avait aussi envie qu'il lui donne des explications. Comment avait-il pu passer autant de temps ensemble sans qu'il ne lui fasse pas part de son trouble ? N'était-il pas un ami de confiance ? Il était blessé ! C'était-il trompé sur leur amitié ? Il se remémora le nombre incalculable de fois où il avait poursuivi Joël dans les vestiaires, complètement nu. A l'époque il avait mis sa gêne sur le compte d'un excès de pudeur.

Il ressentait aussi le besoin de le retrouver, de retrouver leurs complicités. Joël avait été l'une des seules choses relativement stables dans sa vie. Cameron ne lui avait pas laisser le droit de disparaitre dans la nature, le laissant sans repère.

« On peut aussi le bouffer… Il ne te quittera plus de cette manière… ». La proposition avait quelques choses de séduisante, elle était pleine de sous-entendu. Lyre en était capable, naturellement, mais elle connaissait suffisamment son Élu pour savoir que le concept de possession lui plaisait plus que celui de manger de la chair.

Sur ces bonnes paroles, ils arrivèrent sur une falaise surplombant les lumières de la ville et donnant un large panorama sur un ciel obscurci et nuageux. La forêt avait laissé la place à une large bande de cailloux et de petits arbustes. Joël se retourna, quittant sa contemplation du vide.

- « Qu’est-ce que tu veux ? »… « Et je te conseille de me répondre. De toute façon, on est coincé ici, et je te conseille pas de m’approcher, il ne faudrait pas que je recule accidentellement. Te planter un couteau dans la jambe sauvera pas ta conscience cette fois »… « Alors, tu m’expliques ce que tu veux ? Quatorze ans que nous nous sommes pas vu, ça ne te suffit pas pour conclure une fin pourtant évidente ? Que les choses soient clair, tu ne m’as pas sauvé ce jour-là. ».

Cameron faillit pouffer de rire, un sourire ironique s’était accroché sur sa face :

- « Quel mélodrame ! »… Il planta son regard dans celui de Joël. « Tu veux discuter au bord d’un gouffre, en pleine nuit, sous la pluie ? ». Il soupira « Mais tu as raison, mettons les points sur les i. Je n’ai jamais eu l’intention de te sauver et tu peux reculer accidentellement dans le vide, si ça te chante ! ».

Il tira une vielle lettre de la poche intérieure de sa veste en cuir.

- « J'ai toujours pensé que les Hommes étaient suffisamment forts pour surmonter toutes les difficultés… Il suffit en général de les aider à trouver les ressources intérieures nécessaires, de les accompagner en silence, de leur donner suffisamment de liberté et de libre arbitre… ».

Il jeta l'enveloppe cornée aux pieds de Joël, elle s'imbiba d'humidité presque immédiatement.

- « Pour moi, te laisser résoudre tes problèmes ou te laisser demander de l'aide était une preuve de confiance et de liberté. Je m'excuse de m'être trompé sur ton compte, il semble que tu n'aies jamais été celui que tu semblais être… ».

A ces mots, quelque chose se brisa au plus profond de lui-même. Joël n'avait jamais été son ami, voilà l'origine de son amertume et de sa colère. Il avait été abusé, trahi et abandonné, mais il venait d'en prendre pleinement conscience. Joël n'avait aucune envie de faire un pas vers lui, autant rendre les armes avant que cet écervelé ne tombe au fond du trou… littéralement.

Laissant la missive de l’armée dans la boue, il tourna les talons. L’ancienne convocation qu’il avait reçu du conseil de discipline, lorsqu’il était encore étudiant, ne lui était plus d’aucune utilité. Elle était un vestige d’un temps révolu où il avait méthodiquement corrigé et malmené les garçons qui avaient partagé la chambre de Joël.
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Joel N. Knight
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Joel N. Knight
Affranchi
Dim 17 Fév - 14:28


Ready to fly

You couldn't even look me in the eye, when you let me go and then left me to die. But there was no question that I would survive.


 
Joel et Cameron étaient beaucoup de chose, ils se détestaient, s’adoraient, se détestaient encore. Mais c’était deux êtres qui avaient toujours gravité autour de l’un et de l’autre, jusqu’à ce que l’équilibre se brise. A vrai dire, leur amitié s’était terminée de façon assez étrange. Toute cette période de sa vie était un vrai chaos où il n’avait pas su se repérer, il avait eu besoin d’un guide. Il aurait voulu que ce soit Cameron mais, ce ne fut pas le cas. Simplement parce qu’il avait peur de lui parler de ça. Il aurait voulu qu’il soit ce quelqu’un, celui à qui il pouvait absolument tout dire sans avoir la peur au ventre de se faire rejeter, pour ce qu’il était.  Mais les circonstances ont joué à la défaveur des deux. Quand Joel avait voulu s’ouvrir à lui, il s’était confronté à une porte close et inversement. Le jour même où il avait découvert l’existence de ça, alors qu’il avait fuit chez lui, sa première pensée avait été d’appeler Cameron. Mais il avait eu peur ce jour-là, c’était une peur qui l’avait pétrifié. Alors il avait gardé le monstre caché dans un placard, le laissant alors libre de le pourrir lentement de l’intérieur.  

Et maintenant, du haut de leur trentaine d’année, ils se retrouvent au rebord du falaise, à l’image même de l’état de leur relation. C’était une chute libre. Chacun reprochait des choses à l’autre sans les exprimer. Et c’était certainement le problème, ne pas percer l’abcès ne fait qu’infecter la plaie, encore et encore jusqu’à ce que celle-ci nous tue. Mais aujourd’hui, Joel n’avait absolument pas l’intention de sauter. Si auparavant, il voulait mourir, il ne le voulait plus. Il avait fait son deuil. Il avait enterré l’enfant qui était en lui depuis bien longtemps. Il avait oublié ses rêves pour des choses plus concrètes. La réaction du blond ne l’avait guère étonné. Ce n’était qu’à l’image du mal qui les rongeait.  Cependant, le reste de son discours, le toucha d’une manière peut attendu. Il n’était pas en colère, il aurait juste voulu entendre ça plus tôt. Mordant sa lèvre inférieur, il regardait son ancien ami qui lui jeta une enveloppe au sol. Il mit un certain temps avant de se décider à la ramasser. Il en lu le contenu, bientôt illisible à cause de la pluie.

Dans un premier temps, il resta coi, sa respiration se fit d’un coup plus lourde et son regard finit par lâcher le papier pour voir le militaire lui tourner le dos et partir, encore.

Rangeant le papier au fond de la poche de son vieux jean trempée, il tourna la tête vers son loup, qui les observait au loin. Tout ça n’avait pas de sens pour lui. Pourquoi Cameron agissait de cette manière ? Pourquoi agir comme un ami pour lui montrer totalement l’inverse ensuite ? Pourquoi le traiter de cette manière à l’hôpital ? Pourquoi avait-il cherché à ce que Joel le déteste ainsi ? « Attends ! » que sortit indélibérément de sa bouche, la voix forte, pour qu’il l’entende et s’arrête. Il se mit ensuite à courir pour le rattraper, il lui attrapa le poignet et le serra assez fort pour être capable de le retenir.

Assez proche physiquement, la peur avait disparu. Il n’avait plus peur de lui. Son regard azur observait le blond, d’un regard qu’il n’avait pas utilisé depuis longtemps, le même qu’il utilisait autrefois à son égard.  Mais il s’en détacha assez rapidement pour un regard un peu plus dur. « Pourquoi tu ne me l’as jamais dit ? » qu’il fit d’un premier abord calmement, pour ensuite dégringoler à mesure où l’amertume revint. Ses lèvres étaient rose foncé à force de les massacrés avec la pression de ses dents.

« Tu sais quel est ton problème, Cameron ? », il continu de le regarder dans les yeux. « Je ne suis peut être pas celui que je semblais visiblement être. Grand bien t’en fasses de penser ça, tu ne me connais juste pas, parce que tu ne m’as jamais montré que je pouvais te parler. A chaque fois que j’ai eu besoin de toi, de cet ami à qui parler sans la moindre peur, t’a fui. Et tu fuis encore aujourd’hui. » Il inspire et expire, prenant le temps de pause qu’il avait besoin. « Que ce soit lorsque ça est arrivé ou à l’hôpital, tu m’as simplement fait comprendre l’inverse que ce que tu as fait. Je t’ai détesté ce jour-là. Je te déteste encore pour ça. J’avais besoin de ton soutiens, mais tu m’as rejeté, tu m’as laissé pourrir dans mon mal-être. Et quand j’ai eu le courage de te confronter, t’as fui. Comme si toi tu n’arrivais pas à le faire, contrairement à moi. ». Ça ressemblait certainement à un monologue, mais il disait tout ce qu’il n’avait simplement pas pu lui dire. « Je ne t’ai pas retenu. Je ne te retiens pas non plus aujourd’hui. » qu’il fit, lâchant sa main. « Si tu veux toujours être l’ami que tu clamais être, restes.  Mais si tu es ce que tu m’as forcé à croire, alors pars. Mais sache que, je ne te courrais pas après.  Si autrefois ce fut le cas, ce n’est plus le cas aujourd’hui, parce que comme tu l’as dit, je m’en suis remis, sans toi. » qu’il fit, reprenant la lettre pour lui plaquer au torse. « J’espère ne pas me tromper, que ce type décrit dans la lettre existe vraiment. »
 
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